"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

mercredi 22 novembre 2017

Matin frais

Brumes matinales  sur la Vienne au loin


Écarlate matin

Un peu plus tard

mardi 21 novembre 2017

Maux intimes, mots extimes...



Sur une consigne d'écriture en 100 mots dont le thème était "Je ne veux pas écrire à propos de...", Brigou, une participante de l'atelier a proposé ce texte :

"Je ne veux pas écrire à propos de ceux qui m'entourent et qui me sont chers. J'ai toujours préservé ma vie privée. Certaines personnes vous racontent rapidement leur histoire personnelle alors qu'on se connait à peine. Je suis à chaque fois très surprise. Comment peut-on se confier à un inconnu ? Comment peut-on aborder des sujets intimes ? Comment peut-on raconter sa vie en quelques mots ? J'écoute malgré tout.
Quant à moi, il me faut du temps pour parler librement et sans retenue et surtout avoir confiance en l'autre. M'épancher auprès de quelqu'un c'est chose rare pour moi ! "         

   de Brigou      


En lisant ces quelques lignes, je n'ai pas pu m'empêcher évidemment de me poser la question et tenter de répondre à ces questions, je les ai mises en lien avec mon rapport à l'écriture du blog...

Je crois tout d'abord que toute personne qui écrit, un jour ou à un autre de sa vie, questionne son entrée dans l'écriture et son rapport qu'elle entretient avec elle. A quoi nous sert-elle ? Que cela soit conscientisé ou non, quelque soit le genre que nous utilisons pour écrire, il est pour moi indéniable que l'auteur raconte une histoire, et dans cette histoire, on y voit aussi des bribes du monde interne de l'auteur. On transforme ainsi nos pulsions, nos incohérences, nos fantasmes, nos rêves en fiction, en poésie, en témoignage...
Écrire ne vient-il pas de la profondeur de soi ? C'est comme un mouvement interne, presque vital... car ne dit-on pas avoir ce "besoin d'écrire" ? Ce besoin se transforme en plaisir, avec des états internes assez incroyables durant la production, et la satisfaction, parfois "orgasmique" de mettre un point final, de ressentir le sentiment d'être vidé du trop plein de mots. 

Pour ma part, je crois que d'une façon ou d'une autre, quelque soit le genre, la forme que j'utilise, je vais chercher dans mes profondeurs pour puiser mon inspiration, et je me sers d'une certaine réalité de ma vie que je choisis sciemment d'exposer ou non.
Pour moi, l'écriture, c'est extirper hors de soi et déposer ce que les autres ne peuvent pas accueillir. C'est un rapport égocentrique, que l'on a avec soi-même. C'est la possibilité de se parler, de ne pas se laisser interrompre par l'autre (souvent les parents, les frères et/ou sœurs - dans l'enfance) - qui dans une écoute peu empathique peuvent laisser ce sentiment intense de ne pas exister... les tensions internes en plus de cela ne se calment pas. Écrire tout ce qui ne peut pas se dire. L'écriture naît-elle de là ? La mienne je pense que oui.

Autrefois, comme certainement beaucoup d'entre nous, j'écrivais et je le gardais pour moi. Avant l'ère d'Internet, écrire était une histoire juste entre Moi et Je. Des mots, des écrins, des incendies que je gardais (ou pas !) précieusement dans une boîte. Fermée à double tour, car ce que j'écrivais était à la limite du supportable... Ce que j'écrivais avait encore bien moins de censure que les mots que j'utilisais pour parler. L'écriture a laissé de la place à mon monde psychique, à tous les fantasmes, ce qui semblaient être tabous, interdits d'évoquer. Écrire, c'est se laisser donc la place de s'accueillir, de se dire, de se raconter, de laisser ce qui doit être Être.

Aussi loin que l'écriture a fait partie de ma vie, poésie, fiction, journal... Je ne peux pas aujourd'hui nier que j'essayais de transformer, de donner une forme potable à mes émotions, à mes expériences de vie, à mes questions physiques et méta-physiques. Je crois que cela n'a pas pas changé.

Avec Internet, l'écriture a pris un autre sens. Le partage était enfin possible. L'ouverture, avoir la possibilité d'avoir un reflet dans le miroir, m'ont permis d'avancer encore plus vite, de réfléchir encore plus loin. De mettre des pansements sur des failles narcissiques, de trouver un AUTRE que moi capable d'accueillir l'étrangeté, pourtant pas si étranger en moi, et inversement...


" Comment peut-on aborder des choses si intimes ? " se demande Brigou. 
Je ne lui demande pas de réponse, mais évidemment, la question peut également se poser à l'inverse. Pourquoi ne s'autorise-t-elle pas à le faire ? 
Cette question sur ceux et celles qui sont capables de se mettre en scène, de parler de soi, ne parle-t-elle pas aussi de ses propres interdits et de ses propres croyances venus d'une éducation sur plusieurs générations ? Il y a encore quelques années, je m'étais posée la question de savoir pourquoi il était si mal vu de parler de soi ? Pourquoi il était si mal vu de vouloir prendre soin de son égo ?
Peut-il nous mettre en danger que de parler de ce que tout le monde peut ressentir ou vivre ? Est-il si dangereux de parler de nos états d'âme, de nos émotions, de ce que tout à chacun peut traverser ?
Est-il risquer de s'offrir un espace pour se rencontrer ? Se rencontrer soi, laisser l'autre nous rencontrer, et rencontrer l'autre s'il se manifeste ?
J'ai souvent fait l'expérience, dans ma vie quotidienne et dans les échanges sur internet, que cela créait du lien entre les gens.

Qui n'a jamais lu un livre, et ressenti l'envie d'écrire à son auteur ?
La différence vient peut-être du fait que l'auteur, lui reste un "inconnu", une personne avec qui on n'est engagé en rien. Est-ce donc plus facile d'être voyeur du monde interne d'un inconnu que celui d'une personne que l'on connaît un peu ou que l'on côtoie ? Cela fait-il moins peur ? Cela engage-t-il moins ?  Je ne sais pas, ces questions me viennent à l'instant...

 " Comment peut-on se confier à un inconnu ? " m'interroge-t-elle lors de ma lecture.
Pour ma part, qui choisis de me raconter ici, je fais la différence entre l'inconnu que je croise dans la rue, lors d'une soirée, et l'inconnu qui vient à moi sur ce blog. L'approche est totalement différente, et évidemment, je n'irai pas raconter ma vie interne au premier inconnu que je croise. Au contraire même, mais l'inconnu qui te lit, qui a fait le choix de te lire, celui qui peut-être fera le choix de te contacter, de laisser un message, ce n'est pas moi qui suis aller vers lui...  Mes mots l'ont rencontré et il vient (ou non) à moi. Je n'ai donc pas l'impression de me confier à un inconnu, j'écris pour des "Uns connus". Nous sommes tous reliés. Me permettre d'entrevoir l'âme humaine est l'une des plus belles choses que l'on puisse m'offrir, à ma façon, je rends la pareille...

 Voilà toutes les raisons pour lesquelles, je suis capable de m'exposer ici.


 Ju'      





Matin givré


Une bien belle journée en perspective. J'ai attendu hier la visite d'une copine, en vain, puisqu'elle m'a une nouvelle fois posé un lapin. Pas d'importance, hier il faisait gris et froid. Nous aurions ressassé de vieilles histoires, parlé de  celles qui donnent le cafard. J'aurais écouté son cœur pleurer. Je l'aurais peut être faite rire ? Peut être serait elle repartie l'esprit plus léger ? Qu'importe, puisqu'elle n'est pas venue. 

lundi 20 novembre 2017

le pays d'où je ne viens pas


Si je viens  ce jour, ce n'est pas pour
 vous faire un long discours
C'est pour vous présenter en quelques pas
quelques petits coins sympas.

Robot cop sur son ile


un château au cœur des bois




des citrouilles en un tas

Il ressemble à ça le pays d'où je ne viens pas.

vendredi 10 novembre 2017

Ces amours...







Où sont-elles passées ces amours le sais-tu ? 
Celles qui reviennent de façon incongrue
Déclarant de leur flamme ce qu'elles sont devenues
Ces amours que tu as si longtemps retenues...

Ces baisers volés, déposés, comme des caresses
Se sont envolés vers d’autres tendresses…
Des souvenirs, quelques traces de ce qu’il reste
Des mots tissent les larmes des derniers gestes.
Consommées puis rayées d’un trait maladroit,
Le beau ne loge à nul autre endroit.

Où sont-elles passées ces histoires anciennes, 
Qui surgissent chaque fois telle une rengaine,
Celles qui s’évanouissent d’un revers de cœur,
Qui blessent quand meurt chaque parcelle d’ardeur ?

Ils sont là tous ces hommes aimés
Qui n'ont pu te parfaire à leur image
Ils sont là tous ces hommes passés
 Qui n'ont pu suivre ton voyage
Ils sont loin tous ces hommes déçus
Qui n'ont été que de passage,
Ils sont souvenirs ces hommes déconvenus
Car ces amours n'étaient qu'un doux mirage...

10.11.2017
Ju'


Un peu d'indulgence... voilà longtemps que je n'avais pas écrit en vers...