"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

samedi 7 avril 2018

Être de lumière et Être dans la pénombre




J'ai l'impression d'avoir tant de choses à vous raconter mais, je ne sais pas trop par quel bout le prendre. Je vais faire de mon mieux pour tenter de ne pas perdre le fil mais également de ne pas être trop longue.

Pour celles et ceux qui m'ont suivie dans un ailleurs, j'étais, depuis mon licenciement économique, en quête d'un nouveau sens dans ma vie. J'avais beau intellectualiser tout cela, revenir en arrière, revoir mon parcours, observer ce qui m'animait, me boostait, me faisait vibrer... Je ne trouvais aucune prise à laquelle me retenir vraiment pour avancer... 


Il y avait à l'intérieur de mon être quelque chose qui était sans vie. La seule chose qui me permettait de me savoir vivante était le jaillissement de mes émotions. Elles, elles ne font jamais semblant.

J'avais donc ressenti du vide, beaucoup de vide. De la peur aussi de ne plus savoir quoi faire de moi, de ma vie. Mais pour ne pas y faire face au départ, je regardais plutôt du côté de la lumière et j'ai fermé la porte à la pénombre... D'une certaine façon, je me voilais un peu la face. Mon être n'était pas entier. Il me manquait ce petit bout de quelque chose que je ne savais pas nommer... Puisque je n'arrivais pas à me frayer un chemin, j'ai donc cessé cet acharnement dans ma quête. Il m'était essentiel de regarder les choses autrement, de les aborder avec respect et bienveillance envers moi-même. Alors j'ai fini par accueillir ce côté où tout était vide, néant et perte de sens. Je n'étais pas du tout dans un état dépressif, loin de là. 
Néanmoins, il m'était important de pouvoir accueillir cette part-là de mon être pour pouvoir retrouver la lumière....

J'ai donc accepté pendant quelques jours, si ce n'est pas quelques semaines, de ne plus chercher à me mettre en mouvement surtout au niveau de mon mental... ne plus chercher à faire... mais seulement à Être. Il était important de faire le vide dans ma tête pour pouvoir accueillir celui de mon être tout en entier.


Être juste avec moi, avec ce que je vivais, avec mes doutes et mes incertitudes, avec mes projets laissés en point de suspension... Et j'ai laissé passer du temps ainsi pour tenter la reconnexion avec l'essence de ma vie, ma puissance intérieure. Je voulais vivre au Présent, rester connectée avec ce qui se passait en moi et autour de moi. Alors j'ai arrêté de me projeter dans le vide, dans le manque de ce quelque chose dont je ne savais pas ce qu'il était... J'ai arrêté de courir derrière ma mission de vie... J'ai arrêté d'intellectualiser, de vouloir tout rationaliser, certes cela me rassurait un temps, mais j'ai dit stop à mon mental... Et j'ai juste laissé faire... La vie... tout en sachant que je n'avais plus qu'à suivre son flow... Surfer sur sa vague... quitte à traverser la tempête... SANS RÉSISTER...


Je me levais le matin, sans aucun but précis, j'observais par la fenêtre le froid hivernal, et je contemplais. Je prenais le temps de me reconnecter avec mes sensations. Je m'émerveillais face à l'abondance dans ma vie : la neige, le rire d'un enfant, la présence des gens autour de moi, une fleur vivante parmi les mortes... J'accueillais ce qui arrivait dans ma vie et tentais au mieux de suivre mon intuition. Pour tout... 
Quand le mental revenait avec ses "Et si je fais ça, ça veut dire si...", "Et si je ne fais pas ça, cela signifiera que..." 

L'INTUITION AVANT TOUT !  Pour chaque moindre petite chose, chaque pas en avant, chaque choix que j'ai eu à faire jusque-là... J'ai vraiment fini par lâcher mon mental.
Faites-le quand vous n'aviez plus de travail, plus de chez vous, plus de repères sécurisants... Ce n'est pas si simple... 

Puis, j'ai mis de nouveau un pied vers la lumière. Et je peux vous le dire... La vie a plein de surprises à vous apporter, car j'ai mis le pied sur un pavé que je n'aurai jamais foulé. Parce que mon intuition me disait de suivre cette route ; alors mes croyances, mon mental, tout ce que je m'imposais d'obligations, d'interdictions, je les ai fait voler en éclat.




Le soleil n'était plus très loin, il était juste caché derrière un gros nuage gris....

La suite bientôt...


Ju'


samedi 31 mars 2018

Timidement...


Timidement 

Je reviens sur mes pas...

Tu vois...

Juste là...

Car j'ai laissé tomber... 

Un gros morceaux de qui j'étais...

J'ai fait un choix...

D'aller vers ce que je ne suis pas...

Rencontrer des histoires...

Qui ne me ressemblent pas...

Vivre des expériences...

 Qu'autrefois je ne voulais pas...

Dans l'envie et le besoin

De me confronter à une autre vie,

Découvrir où sont mes vraies limites,

 Réaliser ce dont je suis capable...

Et de ressentir profondément,

Quel que soit l'endroit où je me trouve,

Quelle que soit la situation que je m'impose

J'ai le pouvoir de créer ma vie,

La capacité de la transformer,

De lui donner du goût et de la saveur,

Même lorsque les nuages sont gris,

Tout m'est aujourd'hui possible,

 Quand tout part de la puissance de mon cœur.


C'est drôle cette sensation de revenir après quelques mois de silence... Alors que Délia a gardé la maison... tout en s'occupant de la sienne...
J'ai cette drôle d'impression qui me traverse et qui me dit... As-tu encore ta place ?  
Pourras-tu à nouveau suivre le flow ? 

Alors... Timidement, je reviens...
Sur mes pas...

💝💝💝 Merci à Délia d'avoir fait vivre ce lieu durant ces quelques mois. 💝💝💝

Ju'Lyn

vendredi 30 mars 2018

Et la tendresse, bordel ?


Complices à la scène comme à la maison, ces deux polissons n'ont d'autres soucis que de tester les canapés et fauteuils.
Alors lequel est le plus moelleux ?

lundi 26 mars 2018

Le goût du lundi



Encore un jour sans soleil, terne gris et triste ! Pas de balade encore aujourd'hui. Hier une petite percée lumineuse le long des quais de la Vienne dans les pas de nos porcelainiers sur les traces de Martial, Aurélien et Catherine. Ces héros de la série "Le pain Noir" qui raconte la vie d'une famille de métayers  dont le père et les enfants ont dû quitter la terre et louer leurs bras à la ville. Catherine encore enfant s'engagera comme servante dans une famille de la bourgeoisie locale, alors que ses frères deviendront ouvriers porcelainiers. Fortement imprégnée des luttes sociales du début 1900, Limoges la rouge a gardé le long de ses quais,  un parfum de culture ouvrière qui flotte sur le quartier des ponts.


pont neuf

ile aux oiseaux




une arche du pont neuf, en fond le pont Saint Etienne

Pont saint Martial, en font le pont de la Révolution
 Un autre quartier emblématique de la ville, le vieux quartier de la Boucherie et sa chapelle Saint Aurélien. Il doit son nom à la corporation des bouchers qui y ont exercé leur activité depuis le moyen age jusque longtemps après la Révolution. C'est un des quartiers les plus pittoresques de la ville avec un passé chargé d'histoire et de culture, d'une incroyable richesse architecturale et d'une grande beauté.
rue de la boucherie

ses boutiques

La chapelle Saint Aurélien.

La fièvre du samedi.




texte libre

La belle histoire du lundi !


C'était un samedi soir. Tous deux assis au bar de la bibliothèque, nous sirotions un cocktail, sans prétention. Quand il se tourna vers moi, je vis que je ne lui étais pas indifférente. Il avait quelque chose dans le regard. Une espèce de lueur qui pétille et vous allume comme un feu de paille au soir de la Saint jean.
Je répondis à ses avances par un sourire éclatant. Il s'appelait ? Je ne sais plus son nom. Mais cette soirée reste dans ma mémoire comme un bouquet de printemps.
Nous avons discuté longtemps en prenant quelques verres. Le jour encore trainait ses lumières. 

Peu à peu le bar s'est vidé de ses derniers clients. Ne restait plus que nous. Quand le patron du bar nous annonça sévèrement que c'était l'heure et qu'il fallait rentrer chez nous, il me regarda avec tant d'ardeur, que je ne résistai pas à sa proposition de continuer nos discussions à la Tavernière, la nouvelle boite à la mode où disait on les filles perdent leurs souliers de verre. Et c'est là que tout s'est brusquement emballé. A mesure que la nuit s'avançait, nous parlions de plus en plus fort. Mes éclats de rire parvenaient à peine à couvrir le brouhaha de la scène.
Il m'accompagna sur la piste de danse et ensemble, nous évoluions dans un grand tourbillon.

 C'est alors qu'un grand échalas avec une tête de premier de la classe fit son apparition. Il le bouscula sans ménagement et m'enleva dans ses bras. Je n'aime pas les premiers de la classe, leurs airs prétentieux et froids me donne des frissons. J'essayais bien de me dégager de l'étau qui m'enchainait à lui, mais il n'y avait rien à faire. Ses yeux étaient rivés sur moi et son regard glaçant m'effrayait tout à fait. 

Je ne sais plus comment, au petit matin, je me retrouvais nue sous l'édredon. Le lit était par terre. Dans la pièce, quelques bouteilles étaient posées là, parmi un tas de vêtements. Le m'as tu vu dormait paisiblement, ses pulsions assouvies, il s'était allongé et ronflait comme un cochon. Je pris une bouteille qui trainait par terre et lui assénait un coup violemment. Et puis je suis partie de ces lieux qui ressemblaient à un champ de bataille. 

Voilà, monsieur le commissaire comment je mis fin à mon emprisonnement. J'ai passé le reste de la nuit à chercher dans les bars la trace de celui qui m'avait accompagné au début de l'histoire. Mais mon bel amant avait disparu, je ne l'ai jamais revu.